En direct de Bangkok : témoignage «sur le vif» d’André Vessier, lauréat FNEP 1979, Inspecteur général Honoraire de l’Aviation Civile

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Quelques semaines après les évènements de Thaïlande, comment un français de Bangkok vit-il la situation ? C’est la question que nous avons posée à André Vessier… Qui nous fait part de ses réactions sans jamais s’autoriser une analyse des événements.

La situation qui s’est conclue tragiquement ce mois-ci, a réellement débuté en septembre 2006, lors de ce qu’on peut appeler une forme de « coup d’état ». Depuis, deux « camps », commodément appelés les « Rouges » et les « Jaunes » se disputent le pouvoir, soit dans la rue, soit au Parlement.

Il est bien sûr difficile de se faire une idée dans un contexte aussi perturbé. On peut néanmoins raisonnablement penser que, d’une part, une vraie fracture s’est produite dans la société thaïe, et que, d’autre part, le problème politique de fond reste entier.

Reste que ma famille et moi-même avons douloureusement ressenti ces événements. Si je vis ici depuis presque 20 ans cette année, c’est parce que j’aime ce pays et ses habitants, c’est donc avec une grande tristesse que je les ai vus se déchirer. Pour la vie de tous les jours, nous suivions les consignes de l’ambassade de France qui nous informait régulièrement. Le Lycée français a été fermé durant la semaine la plus tragique. Le plus difficile était de tenir écartés le plus possible les enfants, car la télé et les journaux montraient souvent d’une manière très « réaliste » ce qui se passait. Cela dit, en dehors des sites occupés, la vie était quasi-normale, ce qui était d’ailleurs assez surréaliste.

Ma rue dimanche 6 juin 2010

Pour s’informer et tenter de mieux comprendre cette question complexe, je peux suggérer à vos lecteurs de visiter certains sites, tel celui du magazine en français, GAVROCHE, édité en Thaïlande. De même celui de la chaîne de télévision France 24 qui a, à mon sens, bien suivi les évènements.

Pour faire simple, je dirais que le drame que les Thaïlandais viennent de vivre, ne résout aucunement le malaise du pays. Pour sortir de cette « crise » que l’on peut qualifier de « structurelle », il conviendra de repenser profondément le système organisationnel de cette société en chemin vers la démocratie. C’est un vaste programme et un enjeu primordial, mais pour ma part, je suis confiant. Ce pays qui est un peu le mien depuis si longtemps, est, comme ses habitants, riche de ressources à mobiliser.

Propos recueillis par Sylvie Lainé, Déléguée Générale de la FNEP

André Vessier, lauréat FNEP Innovation pour l’ensemble de ses études sur les schémas-directeurs pour l’implantation des bureaux de poste en zones urbaines, a passé 27 ans à la Poste (direction générale au Ministère des PTT), puis a durant 2 ans exercé les fonctions de Directeur de la Formation permanente à l’École Nationale Supérieure des PTT. Nommé administrateur civil en 1985, son parcours s’est poursuivi, après un passage à l’ENA en 1986, à la Direction générale de l’Aviation Civile, directeur du Programme ATR et chef du bureau de l’Aviation générale.

En 1990, il est Représentant général du CREDIT LYONNAIS, à Bangkok, en charge de la Thaïlande, de la Birmanie, du Laos et du Cambodge. En 1994, il réintègre la DGAC, comme responsable des relations avec les pays d’ASIE-PACIFIQUE, puis inspecteur général à l’IGACEM (Inspection Générale de l’Aviation Civile et de la Météorologie) ;

Depuis 1998, il préside la société franco-thaïe : ALPA CONSULTANT CO LTD. à Bangkok où il réside depuis lors.

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