Présentation Publique du 7 octobre 2009

L’événement marquant de la Mission 2008 de la FNEP a été la présentation de son rapport le 7 octobre 2009 à l’Ecole Nationale d’Administration à Paris.

Cette manifestation, réunissant 150 personnes (un record), s’est déroulée dans d’excellentes conditions tant au niveau matériel que sur le plan de son organisation. Il faut à cet égard souligner le remarquable travail des membres de la mission qui, malgré de lourdes charges professionnelles, se sont fortement investis pour la préparation de cette présentation.

I – Allocutions d’ouverture

Hubert du Mesnil, président du conseil d’administration de la FNEP, a rappelé que celle-ci, créée il y a quarante ans, trouvait ses racines dans le discours du 16 septembre 1969 de Jacques Chaban-Delmas sur « la Nouvelle Société ».

Partant du constat d’une société bloquée, le Premier Ministre de l’époque avait alors déclaré « nous sommes encore un pays de castes où……une mobilité sociale insuffisante maintient des cloisons anachroniques entre les groupes sociaux ».

Une des raisons d’être de la FNEP a été justement de rassembler, par delà les clivages de formation, d’expérience professionnelle et de culture, des cadres à fort potentiel venant du secteur public comme du secteur privé autour d’un projet commun : conduire une réflexion sur un sujet donné en confrontant la situation de notre pays à celle observée à l’étranger pour en tirer des préconisations et propositions d’action.

Cette pédagogie, fondée sur le décloisonnement et la réunion de talents venant d’horizons variés, reste encore d’actualité, même si, 40 ans plus tard, d’autres motivations conduisant à une diversification de ses modes d’intervention ont donné à la FNEP une nouvelle légitimité.

Richesse d’expérience et diversité des cheminements continuent à faire de la mission annuelle, produit phare de la Fondation, un élément d’attractivité pour les administrations et les entreprises, comme pour les intéressés eux-mêmes qui trouvent là une occasion exceptionnelle de développement de leur capacité à travailler en contexte international et pluriculturel, comme à produire en équipe de projet stratégique.

La FNEP poursuit donc avec bonheur son rôle de passerelle entre des mondes qui, aujourd’hui encore, auraient tendance à s’ignorer, tout en oeuvrant au profit de la performance globale de nos entreprises et celle de notre économie en général.

On ne saurait passer sous silence les paroles de François Ailleret, mentor de la Mission 2008, rappelant ce qu’a été la « vie » des 7 lauréats durant ces 18 derniers mois, avec ses périodes de joies mais aussi de tensions pour finalement maîtriser leur sujet et aboutir au rapport présenté début octobre.

L’intérêt de ce document a d’ailleurs conduit les éditions AFNOR à en décider la publication sous forme d’ouvrage en vente publique, sous le titre : « Six clés pour l’innovation ». Une vraie première pour la Fondation.

II –Présentation de la Mission

Trois des sept missionnaires ont exposé les grandes lignes et les points les plus importants de leur travail. Après avoir présenté l’ossature du rapport, articulé autour de six mots clés – confiance, décloisonnement, créativité, audace, valorisation, identité – et décrypté le contenu de chacun de ces termes, ils ont développé l’idée suivante, en s’appuyant naturellement sur les exemples analysés dans les pays leaders en matière d’innovation :

Si les réformes intervenues en France au cours des dix dernières années ont considérablement renforcé notre écosystème d’innovation, il convient aujourd’hui de privilégier d’autres leviers sur d’autres registres. Les pistes suivantes ont été ainsi identifiées :

- le décloisonnement et la valorisation du capital humain et de ses connaissances,

- le développement des approches favorisant la créativité et l’audace,

- la promotion de l’innovation comme valeur essentielle de notre identité et d’une marque France « haut de gamme »,

- l’intégration de ces nouvelles dimensions dans nos pratiques individuelles et collectives, nos modes de vie et finalement notre culture.

Chacune de ces pistes a appelé des questions de la salle, restreintes en nombre du fait du « timing » serré de la manifestation.

III – La table ronde « Innovation, système ou mode de vie »

Réunissant deux représentants des pouvoirs publics (MM. Alain Billon et Rodolphe Gintz), un acteur de l’innovation à la fois chef d’entreprise et animateur de réseaux (M. Stéphane Distinguin), un dirigeant de multinationale industrielle (M. François Gerin) et un expert en normalisation (M. Olivier Peyrat), cette table ronde, animée par Sylvie Lainé, Déléguée Générale de la FNEP, a suscité réflexions et suggestions dont on ne citera que quelques unes :

• L’innovation technologique est un concept trop réducteur. Il faut prendre en compte les exigences nouvelles de la société (exemple : l’environnement, qui offre à l’innovation un espace inexistant il y a 10 ans).

• La norme est un outil pour l’innovation. Le creuset européen de la normalisation est un véritable défi pour la créativité : « quand on normalise, on ouvre un boulevard pour l’innovation » (Olivier Peyrat).

• Selon Rodolphe Gintz, l’annonce d’un partenariat entre le CEA et Renault pour la mise au point des batteries au lithium des futures voitures électriques est un exemple frappant des liens nécessaires entre recherche scientifique et innovation, parfaite illustration de la justesse de la démonstration de la Mission 2008 et de ses conclusions.

• Alain Billon insiste, pour sa part, sur l’indispensable lien entre recherche et valorisation, et regrette le petit nombre d’emplois consacrée à cette dernière dans les pôles recherche des universités : « il faut mutualiser les emplois valorisation entre les différents centres de recherche, comme c’est le cas à l’université de Bretagne ». Et de citer, à l’appui de ses dires, l’exemple néerlandais du « chèque innovation » mis en œuvre au profit des PME, et celui des « courtiers en innovation » qui assurent en Angleterre la liaison entre PME et laboratoires de recherche.

• Pour François Gerin, le groupe Siemens se souvient qu’il était en 1847 une PME basée sur les technologies de l’époque (le télégraphe !). Aujourd’hui, l’entreprise consacre annuellement 3,5 milliards d’euros à la R&D, a établi un partenariat fructueux avec le CEA dans ce domaine, et a créé en France le Grand Prix Siemens de l’innovation, valorisant des PME. Toutes ces actions d’accompagnement ont débouché sur de véritables applications industrielles, comme en matière de santé par exemple.

• Le crédit impôt/recherche : dans ses nouvelles modalités (possibilité de remboursement à hauteur de 30% des dépenses de R&D éligibles), François Gerin estime qu’il constitue un levier utile pour le développement de nombreux programmes (évite les délocalisations et permet d’accroître l’effort d’investissement)

• « Essayons de nous voir comme des enfants qui ont envie de grandir plutôt que comme des nains ! » lancera Stéphane Distinguin en écho aux propos de François Gerin. L’ambition ne doit pas être de rester une PME, mais de devenir Siemens.

• Liens entre recherche et éducation : ce sont les professeurs qu’il faut former à la recherche et à l’innovation. A.Billon : « Aux Etats Unis, toute question reçoit une réponse », et Stéphane Distinguin a, parallèlement, insisté sur la nécessité en France d’intégrer l’échec au nombre des critères de sélection des incubateurs publics.

• Enfin, ultime idée émise autour de cette table ronde, qui n’en aura pas manqué : créer une « villa Médicis » de l’innovation, à Shanghai ou à San Francisco. Pour Stéphane Distinguin en effet, il faut réussir à incarner les valeurs liées à l’écosystème d’innovation sur un territoire de rattachement, et créer des lieux de rassemblement. Il faut dire que c’est un orfèvre en la matière qui s’exprimait, avec son expérience personnelle de la « Cantine » et du « Silicon sentier » !

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