Témoignages

En cette fin d’été 2014, 45ème depuis la création de la fondation, nous voulons mettre en lumière la diversité, l’une de nos valeurs, l’une de nos pratiques et l’un de nos domaines de recherche. La FNEP a voulu revenir sur ses constats, réflexions et propositions de 2007 sur la diversité et la performance des organisations. De cette volonté est né l’ouvrage publié aux éditions AFNOR : « La diversité, un atout économique, 2007-2014 : quelles avancées ? ».


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David Bruchon, lauréat 2007 de la FNEP, l’un des coauteurs du livre, l’avait évoqué en 2011, dans l’éditorial de notre n°4, à la naissance du projet. Il est aujourd’hui membre de la Fondation Connaissance et Liberté (Haïti) du réseau « Open Society » fondé par le philanthrope George Soros.

Relisons ensemble ses propos, voulez-vous ?

« La publication sur le thème de la diversité que nous préparons avec les éditions AFNOR, illustre à mon sens la démarche et les évolutions de la FNEP : « La Fondation fut créée en 1969, année où le nouveau Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas présente son discours programme. Il diagnostiquait une société bloquée sur le plan économique, administratif et social, plaidait pour une  « Nouvelle Société » et dressait un ensemble de mesures pour rénover les structures et les relations entre l’Etat, les entreprises publiques et privées et les organisations de la société civile  pour davantage d’efficacité et d’équité.

C’est bien dans cet esprit que la FNEP a lancé dès sa création, son programme de missions annuelles. Toujours actuel, toujours utile, ce programme réunit chaque année une équipe pluridisciplinaire d’une dizaine de professionnels, des étudiants et des dirigeants, sur un objectif commun : dresser ensemble des propositions concrètes et pertinentes pour répondre aux défis qui se posent aux pouvoirs publics et aux entreprises françaises. Dans le même temps, il s’agit, grâce à ces études, de doter les lauréats de capacités à réfléchir collectivement et à développer une pensée critique sur un sujet dont ils ne sont pas nécessairement et certainement pas tous, des experts.

En 45 ans d’existence, le programme de missions annuelles de la FNEP s’est étoffé permettant aux lauréats d’acquérir des aptitudes à la recherche, de développer leur leadership,  de mieux appréhender la complexité des thèmes  dans un contexte européen et globalisé.

La FNEP au fils des années s’est structurée en un ensemble de réseaux multiples, sur lesquels elle s’appuie pour développer sa capacité d’expertise et d’innovation :

  • celui de ses lauréats dont la sélection s’est ouverte à d’autres nationalités que françaises, ainsi qu’à des personnes ayant des formations et des expériences différentes,  en fin d’études ou débutant une vie professionnelle ou largement engagées dans un parcours professionnel confirmé et reconnu,
  • celui des organisations d’appartenance des lauréats ; au-delà du vivier naturel que constituent les entreprises et les administrations membres de la Fondation, ils sont également issus des administrations territoriales, des administrations et entreprises de pays étrangers, de la commission européenne et d’autres réseaux internationaux, institutionnels, et académiques,
  • celui des organisations membres de la FNEP : entreprises publiques et privées, administrations, mais aussi établissements de formation d’excellence, comme l’ENA, Sciences Po, ou encore les Ponts et les Mines Paris Tech,
  • celui des mentors des missions annuelles, qui transmettent leurs expériences aux lauréats,
  • celui des personnalités qui ont contribué, lors d’entretiens en France et dans toutes les régions du monde, à nourrir les travaux des missions annuelles.

En animant cette diversité de réseaux, la FNEP développe sa force de propositions et contribue à rénover le dialogue entre la culture du politique et la culture de l’entreprise.

Enfin, ces dernières années, la FNEP s’est donnée de nouvelles orientations, qui débouchent sur des actions visant à  une meilleure prise en compte de ses travaux, à une plus grande notoriété et une réelle valorisation de ses rapports grâce à des partenariats éditoriaux, dont l’ouvrage  édité par AFNOR constitue l’un des exemples.

La FNEP est en voie d’atteindre le point d’équilibre d’une organisation au service de ses institutions et entreprises membres, et des valeurs qui ont présidé à sa création : dans un esprit de solidarité et de liberté, avec sérénité et exigence, porter des analyses et des propositions pour participer à la rénovation de ce pays.

Je garde un très bon souvenir de cette mission.

David Bruchon, Lauréat de la Fondation Nationale Entreprise et Performance, Mission 2007

 


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Cyril Alavoine

Avril 2012, Centre des Hautes Etudes du Ministère de l’intérieur (CHEMI), séminaire de lancement de la mission FNEP 2012 ; cadre prestigieux, 14 missionnaires qui ne se connaissent pas et vont devoir travailler ensemble pendant près de 18 mois, prise de contact avec l’équipe de la FNEP et la méthodologie de conduite de projet proposée par la fondation, premières pistes de travail tracées avec le mentor de la mission…

A ce moment-là, aucun de nous, il me semble, n’a une réelle conscience de ce qui nous attend jusqu’à l’écriture du rapport et sa présentation publique. Très vite cependant il nous faut nous lancer : répartition des rôles entre missionnaires, premières réunions de travail, choix des pays à étudier et préparation des axes de travail que nous devrons présenter au conseil d’administration de la FNEP dans à peine un mois. Pas beaucoup de temps pour tergiverser ! Encore quelques jours, et nous commençons nos entretiens avec les personnalités qualifiées que nous avons identifiées pour nourrir notre réflexion. À la rentrée de septembre c’est le début de notre série de voyages d’études.

Tout cela représente pour chacun de nous, missionnaires de la FNEP, beaucoup de temps et d’investissement personnel qu’il nous faut concilier avec notre activité professionnelle et … nos vies de famille. Avec la fin des voyages commence en janvier la phase sans doute la plus ardue de notre travail, la rédaction du rapport : moins gratifiante que les entretiens et voyages qui nous ont permis de recueillir les éléments nécessaires à notre réflexion, c’est celle qui demande le plus de constance. Elle exige que chacun se rappelle des raisons qui l’ont poussé à s’inscrire à la FNEP un an plus tôt ! Oui, il nous a fallu une certaine forme de courage pour mener jusqu’à son terme notre travail, le courage de terminer ce que l’on a décidé d’entreprendre, celui de persévérer sur le long terme, de surmonter les difficultés d’un travail à quatorze pour en tirer toute la richesse, de profiter de nos différences professionnelles pour élargir le champ de notre réflexion.

Octobre 2013, 18 mois après le lancement de notre mission, nous présentons le résultat de notre travail, avec l’espoir qu’il réponde aux attentes, les nôtres, celles de la fondation et de ses membres, celles des entreprises, administrations et écoles que nous représentons, et celles … De nos lecteurs.

Cyril Alavoine

Ministère de l’Intérieur, lauréat de la FNEP, délégué de la mission 2012


Cyril Alavoine, 43 ans, marié, 3 enfants, est commissaire divisionnaire de police. Titulaire d’un DEA de droit public et d’un DESS droit et gestion de la sécurité obtenu à l’école nationale supérieure de la police (ENSP), il fut, notamment, chef de la brigade de répression du proxénétisme, puis chef de la brigade des stupéfiants à la Direction Interrégionale de la Police Judiciaire à Marseille, directeur de cabinet du Préfet du Morbihan, directeur départemental de la sécurité publique en Guyane puis directeur départemental de la sécurité publique à la Martinique, avant d’être chargé de mission à la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion de Crise (Sous-Direction de la planification et de la gestion de crise). Il est, depuis le 1er août 2013, chargé de mission auprès du Préfet de région Basse Normandie pour le suivi de l’organisation des cérémonies du 70ème anniversaire du débarquement et des Jeux Equestres Mondiaux.

La FNEP remercie le Ministère de l’Intérieur, et l’ensemble des administrations, entreprises et écoles adhérentes, de leur engagement et de leur soutien.


Photo Valérie DalleNous avons rencontré Valérie Dalle, de RFF, nouvelle lauréate FNEP au titre de la Mission 2012

Q 1 : Vous êtes une nouvelle lauréate de la FNEP, au titre de la mission 2012 sur le thème des Risques majeurs et de la gestion de crise. Que vous inspire cette aventure que vous venez de vivre ?

Valérie Dalle : Trois mots me viennent instantanément à l’esprit pour qualifier cette mission : riche, humaine, dense. Riche d’échanges et d’apports de connaissances auxquels nous n’aurions pas eu accès autrement que dans le cadre de la FNEP. Humaine car le travail de cette mission est avant tout celui d’un groupe de personnes qui doivent trouver ensemble le meilleur moyen d’avancer sur leur sujet commun, en interaction avec des dizaines d’autres personnes souvent passionnantes. Et dense : quelle somme de travail pour chacun des « missionnaires », qui doivent mener de front leurs activités professionnelles habituelles, cette mission prenante et, quand même un peu, leur vie personnelle !

Q 2 : Que vous a-t-elle apporté à titre personnel et professionnel ?

Valérie Dalle : Je ressens, comme tous mes collègues missionnaires, une fierté certaine : avoir contribué à définir des angles d’approche originaux et à finaliser ce travail de synthèse sur un sujet au demeurant très vaste, qui fait couler beaucoup d’encre, c’est une forme d’accomplissement très satisfaisante. Intellectuellement, nous nous sommes tous enrichis, avec le souci permanent d’être concrets et de faire des propositions opérationnelles.

D’un point de vue personnel, je retiens surtout l’aspect humain. L’exercice du travail de groupe sur la durée, c’est très particulier ; en étant rigoureux sur la méthode, attentifs aux autres et respectueux, on y arrive !! Réaliser une « œuvre commune », en toute humilité, c’est une belle conclusion à cette aventure.

Q 3 : Quels conseils donneriez-vous à un candidat à une mission de la FNEP ?

Valérie Dalle : Je donnerais quelques conseils de bon sens, qui nous sont d’ailleurs déjà donnés lors des entretiens de sélection : il faut être prêt à travailler beaucoup certes, mais il faut surtout avoir une vraie volonté (plus que capacité…) d’écoute au sein du groupe de missionnaires. Sur le thème à traiter, il est impératif d’être dans une posture constante d’ouverture, pour ne pas d’emblée fermer la porte à des approches originales ou novatrices. La mission a vocation à rapporter des expériences de toutes sortes, et nous avons été parfois surpris de trouver des solutions intéressantes là où on s’y attendait le moins.

Q 4 : … Et au participant d’une mission qui entame son parcours de recherche ?

Valérie Dalle : La route est longue en apparence, mais en réalité tout va TRES vite. Donc je recommanderais aux missionnaires qui démarrent de travailler rapidement et méthodiquement à définir le périmètre précis de leur sujet, à identifier les interlocuteurs potentiels (nombreux) et à les contacter dans la foulée. Ensuite tout s’enchaînera plus simplement.

Valérie Dalle est juriste de formation et titulaire du Master 2 Gestion Globale des Risques et des Crises (Paris I – Sorbonne). Elle travaille depuis quinze ans sur les problématiques de gestion et communication de crise ; elle a notamment été consultante pendant 7 ans chez Arjuna, et travaille aujourd’hui à la Direction de la Communication de Réseau ferré de France.

Q 5 : Une dernière question … Le courage, pour vous, c’est quoi ?

Valérie Dalle : J’ai eu un cancer l’année dernière. J’ai beaucoup entendu à ce moment-là que j’étais « courageuse ». Cette maladie, et le flirt avec la mort qu’elle impose, m’a beaucoup incitée (comme bien d’autres dans cette situation) à l’introspection mais aussi à observer davantage… Et si j’ai pu être courageuse, si effectivement j’ai pu trouver en moi des ressources et une force qui m’ont portée, je le dois beaucoup à la présence, à la confiance et à la solidarité de mes proches et de mes collègues, qui chacun à leur manière ont contribué à m’aider à  traverser ce qui était pour moi une crise majeure. D’autres personnes, bien d’autres personnes, sont infiniment courageuses : les populations sans abri après le passage d’une tornade, qui doivent tout reconstruire. Les réfugiés de guerre qui ont tout perdu et doivent retrouver un sens à leur vie. Mais aussi beaucoup plus proches de nous, des mères seules pour affronter les difficultés de leurs enfants. Par exemple… Tous ceux-là et bien d’autres, font preuve d’un courage qui nous est souvent invisible, que l’on ne perçoit que de manière très « intellectuelle ». Et l’une des choses que l’expérience de la maladie m’a permis d’acquérir, c’est peut-être cette capacité à ressentir bien plus intensément qu’auparavant que l’on est empli de ressources, qu’il ne tient qu’à nous de les déployer. Mais dès lors qu’une main se tend, que la solidarité s’exprime, alors on est plus fort et tout est tellement plus facile.

Merci Valérie !

Interview recueillie par Sylvie Lainé



photo ISala

Iulia Sala, lauréate de la mission FNEP 2007 – Faire de la diversité un atout économique -, est actuellement responsable du Pôle Egalité professionnelle et Diversité à l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE), où elle a mené plusieurs projets de rédaction de guides et d’études sur l’égalité professionnelle et la diversité…

…tels que le Répertoire sur les pratiques d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes dans les entreprises (2009), le Guide parentalité : promouvoir la parentalité auprès des salariés masculins (2008),  la Prévention des discriminations et promotion de la diversité dans les entreprises (2011),…  (Pour les consulter : site de l’ORSE.)

Ces guides sont le fruit des échanges, dans le cadre de plusieurs ateliers de travail, avec les entreprises membres de l’ORSE.

Elle est aussi l’heureuse maman de deux charmants petits garçons, futurs lauréats de la FNEP, qui sait ?

Nous l’avons rencontrée avec grand plaisir…

Q.1 : Quelle est la mission de l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE) et quelles fonctions y exercez-vous ?

R : J’y suis Responsable du Pôle Diversité et Egalité professionnelle. L’ORSE est une association qui assure une veille permanente sur les questions touchant à la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, au développement durable et aux placements éthiques. Le succès de l’association repose à cet égard sur le partage d’expériences et la forte implication des représentants de ses membres dans les différentes activités de l’ORSE.

Q.2. :  Que trouve-t-on dans le Répertoire  « Prévention des discriminations et promotion de la diversité dans les entreprises » ?

R : Fruit de plus d’une année d’échanges au sein du groupe de travail mis en place par l’ORSE, qui a réuni des experts, des réseaux spécialisés, les entreprises adhérentes de l’ORSE, ce guide décrit d’une manière pédagogique, sous forme de 18 fiches, les pratiques innovantes de prévention des discriminations et de promotion de la diversité dans les entreprises en France, ainsi que les outils de suivi et d’évaluation nécessaires à leur mise en œuvre. Ce guide bénéficie du soutien du MEDEF et des 5 confédérations syndicales (CFE.CGC, CFDT, CGT-FO, CFTC, CGT). Les fiches couvrent :

-   l’ensemble des process qui reflètent la vie au quotidien de l’entreprise (RH, communication, sensibilisation, formation, dialogue social, réseaux internes de salariés…)

-   la façon dont l’entreprise intègre dans ces process de façon transversale les approches de prévention des discriminations et de promotion de la diversité (fiches thématiques sur les populations susceptibles d’être discriminées).

Q.3 : À qui est destiné ce répertoire et comment peut-on se le procurer ?

R : Le guide s’adresse à l’ensemble des acteurs dans les entreprises, afin qu’ils s’approprient les enjeux de prévention des discriminations et de promotion de la diversité : chefs d’entreprise, responsables des ressources humaines, managers, représentants du personnel et représentants syndicaux. On peut se le procurer auprès de l’ORSE, contact@orse.org.

Q.4 : Vous avez participé à la mission FNEP 2007 sur la Diversité. Après quelques années, quel bilan faîtes-vous de cette expérience ? Que vous a-t-elle apporté ?

R : La diversité en tant que volet social de la responsabilité sociétale des entreprises est devenue incontournable dans les entreprises. Des sujets qui étaient tabous il y a quelques années en France font actuellement l’objet de débats au sein de la société et, implicitement, dans le monde du travail. Les mentalités sont aussi en train de changer et les gens prennent conscience des risques et des effets des discriminations, qu’elles soient volontaires ou involontaires. C’est la raison pour laquelle les actions de sensibilisation, au niveau national ou dans les entreprises, sont essentielles.

Arrivée en 2006 en France, faire partie de la mission 2007 sur la diversité m’a permis de définir un nouveau projet professionnel, en concordance avec mes propres valeurs, et que j’ai pu mettre en œuvre dans le cadre de l’ORSE, où j’ai eu la chance d’intégrer une équipe très dynamique et motivée sur les sujets de RSE.

Q.5 : Vous êtes également à l’origine de la création du Groupe des Amis de la FNEP sur le réseau social Linked’In. Quelle est son utilité et son public ? Quelles informations y trouve-t-on ?

R : Les Amis de la FNEP sont un relais de communication de la FNEP sur ses actions et sur sa philosophie. Il l’accompagne également dans ses actions aux côtés des missions avec ses Heures Heureuses, telle celle du 14 juin au sein de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Le Cercle des Amis de la FNEP se propose de mettre en place des outils de communication tels qu’un blog (http://amisfnep.wordpress.com/le-cercle-des-amis-de-la-fnep/) et le groupe des Amis de la FNEP sur LinkedIn, qui permet la discussion sur nos activités et les thèmes de recherche de la FNEP.

Appel du président des Amis de la FNEP

Ne te demande pas ce que la FNEP peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour la FNEP. John Fitzgerald Gerin

Quant au blog, prochainement opérationnel, il proposera au débat des sujets d’actualité, notamment au carrefour entre public et privé, dans le cadre de trois rubriques de fond, « Passages et compétences » avec Patricia Serman et Jean-Marc Alexandre, fondateurs du cabinet Passages Pro avec Charles Déprés, « Ecrits de passage », dans laquelle seront repris des articles de la revue «SLOW– Management, philosophie, penser autrement » du Cabinet Caminno dont le fondateur et gérant depuis plus de 20 ans est François de Montfort, lauréat FNEP et « Passages sans frontières »,  qui va traiter des questions liés à l’interculturalité et reprendre pour ce faire des articles de « La Lettre d’Alcéis » du cabinet Alceis, créé et dirigé par Danielle Deffontaines et Marielle Canova, lauréates FNEP.

Merci Iulia !

Interview recueillie par Sylvie Lainé, FNEP


Dahlia Ridard pour page temoignageUn entretien croisé entre Dahlia Ridard, d’Air France, membre de la mission 2011, d’ascendance indienne par l’un de ses grands-parents, et

Renu Sharma, haute fonctionnaire indienne lauréate de la FNEP (1999)  : deux voix, deux sourires, deux langues, deux histoires et deux visions…

Q : L’Inde est l’un des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, South Africa), la 4ème puissance économique mondiale, le 2ème pays le plus peuplé du monde après la Chine… Comment vit-on aujourd’hui dans la plus grande démocratie du monde ?

India is part of the BRICS (Brazil, Russia, India, China, South Africa), the 4th world economic power, the 2nd most populated country in the world after China… How is it to live in the today’s biggest world democracy?

Renu : Vivre dans la plus grande démocratie du monde qui est également le deuxième pays le plus peuplé, c’est comme vivre dans un mini continent rassemblant diverses cultures, traditions et langues. Les fondations libérales démocrates du pays couplées avec sa montée en puissance économique depuis les années 1990 présentent un mode alternatif du développement par rapport au modèle occidental. Faisant aujourd’hui partie des BRICS, l’Inde est un des cinq pays qui montrera la voie vers un monde qui ne sera plus basé sur des recettes traditionnelles de la croissance et la domination des pays développés. Alors que le pays fait de grandes avancées avec les progrès importants dans les domaines de la télécommunication, de la technologie de l’information, de la manufacture etc., il est aujourd’hui confronté à la nécessité d’équilibrer et de rendre pérenne la croissance entre ses différentes entités fédérales. Les problèmes de pauvreté, d’inégalités sociales et des infrastructures encore faiblement développées restent à traiter.

The experience of living in the biggest democracy in the world which is also the second most populous is akin to living in a mini continent breathing in diverse cultures, traditions, and languages. The liberal democratic foundations of the country coupled with its economic rise since the 1990s have shown an alternate mode of development from the west. Now as part of BRICS, India is one of the five countries which will pave the way for a shift from the traditional patterns of growth and rise of the developed world. While the country moves ahead with great advances in Telecommunications, IT, Manufacturing etc. it is confronted with issues of balancing and sustaining the growth across unequal federal units. Issues of poverty, social inequalities and poor infrastructure development need to be tackled head on.

Q : Dahlia, vous êtes Française et Indienne, par votre grand-père maternel. Qu’est-ce qui vous vient de la culture indienne ? À quoi êtes-vous attachée ?

Your are French and Indian through your maternal grandfather. What has your Indian background brought to you? What are your attachments?

Dahlia : Je crois que ce que j’ai de plus asiatique – il est rare que physiquement l’on devine mes origines indiennes ! – c’est mon penchant pour les « philosophies et disciplines orientales ». En effet, j’ai très tôt lu sur le bouddhisme, la pensée zen ou le minimalisme et j’ai été surprise de voir combien ces principes résonnaient en moi. En outre, j’ai également été attirée rapidement par des pratiques comme le yoga, le qi gong ou l’aïkido. Plus récemment, je me suis formée au massage notamment en Inde et en Thaïlande. Finalement ce qui me rattache le plus à la culture asiatique, c’est l’approche holistique par opposition à l’individualisme qui marque les sociétés occidentales : l’importance accordée à l’osmose corps-esprit, à l’homéostasie de la communauté et à l’harmonie avec l’environnement.

I think that what I most inherited from the East – physically my Indian origins are far from obvious! – is my taste for oriental philosophies and disciplines. I started reading very early on about Buddhism, Zen or Minimalism and was surprised to see how those principles resonated with me. Besides, I was rapidly attracted to practices such as yoga, qi gong or aïkido. More recently, I’ve followed massage training courses, in particular in India and Thaïland. Finally, what links me most to Asian culture, is the holistic approach as opposed to the individualistic / scientific approach of the West : the emphasis on mind-body osmosis, homeostasis of the community, harmony with the environment.

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Dahlia Ridard SITE WEB FNEPDahlia RIDARD, titulaire d’un MBA spécialisation RH (ESSEC) est Chargée de développement RH & prévention des risques psychosociaux au sein d’Air France.

Marquée par le voyage dès sa plus tendre enfance (naissance en Iraq, premiers pas au Nigéria), Dahlia a naturellement été portée à garder cette ouverture vers le monde dans son parcours professionnel. Elle participe donc pendant ses études à l’ESSEC, à un projet de chantier bénévole pour l’Inde et part en dernière année faire un échange universitaire au Mexique. Une fois le diplôme en poche, elle décide de commencer sa carrière au Gabon, où elle est l’adjointe du DRH Afrique Centrale d’AIR FRANCE. Elle revient ensuite au siège de la compagnie aérienne en tant que chargée de recrutement et mobilité des cadres, avant d’occuper son poste actuel d’accompagnement du changement et prévention des risques psychosociaux pour le personnel au sol dans les aéroports de province.

Marked by travels since her tender childhood (born in Irak, first steps in Nigeria), Dahlia has an innate taste for multiculturalism reflected in her educational and professional choices. During her studies in ESSEC, she therefore chose to participate in a charity project in India and then went on to Mexico for a university exchange. Freshly graduated, she decided to start her career in Gabon, where she was Deputy Human Resources Director of AIR FRANCE, Central Africa. She then returned to the Airline headquarters in France as a recruitment officer dealing with officer mobility, before assuming her current position handling change management and prevention of psychosocial risks for ground staff in domestic airports.

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Q : Renu, Vous avez participé à la mission FNEP 1999 L’exercice du pouvoir dans l’entreprise et l’administration. L’un des pays visités était l’Inde. Vos observations de l’époque – notamment sur votre pays – sont-elles encore pertinentes ? Qu’est-ce qui a changé ?

You were part of the FNEP 1999 mission The exercise of power in the company and in the administration. India was one of the visited countries. Your observations at the time, especially in your country, are their still timely ? What has changed ?

Renu : Beaucoup de choses ont changé dans le scénario économique du pays depuis 1999. Les réformes économiques ont porté leurs fruits comme le montrent les taux de croissance. Le pays dispose d’un secteur privé fort et résilient qui a gagné en puissance au cours de la dernière décennie. La croissance naissante dans les secteurs de la télécommunication et la technologie de l’information qu’a pu découvrir en partie la mission FNEP lors de sa visite à Bangalore en 1999 a aujourd’hui atteint des niveaux très élevés. Le système d’organisation et d’administration dans les secteurs privés et la manière dont ils mènent leurs affaires a énormément changé et ce pour le meilleur. Parallèlement ces réformes ont été lentes et sont toujours en cours en ce qui concerne le gouvernement.

The economic scenario of the country has changed since 1999. The economic reforms have borne fruit as manifested in our growth rates. The country has a strong and resilient private sector which has grown from strength to strength in these last ten years or so. The nascent growth in the IT and telecommunication sector which the FNEP mission had partly seen in their visit to Bangalore in 1999 has now attained greater heights. The system of organisation and administration in the corporate sector and the way they do business has drastically changed for the better. On the other hand in government, these reforms have been slow in coming.

Q : Dahlia, pourquoi la Mission 2011 a-t-elle choisi l’Inde comme « pays cible » ?

Why did Mission 2011 choose India as a target country?

Dahlia : La mission 2011 a choisi de se rendre en Inde comme modèle d’un pays émergent. En effet, l’Inde est l’un des 5 BRICS et la plus grande démocratie du monde. En outre, deux Prix Nobel y ont été distingués récemment (Amartya Sen en 1998 et Muhammad Yunus en 2006) pour des théories rompant avec l’orthodoxie libérale : économie du bien-être pour le premier ; Grameen Bank « Banque des pauvres » pour le second.

Nous avons aussi été interpellés par des lectures relatives au modèle indien qui, tout en ne négligeant pas les intérêts du capital se caractériserait par une vision sociale de la mission des entreprises dont le but premier serait d’aider l’Inde à se développer et à lutter contre la pauvreté.

A titre d’exemple, une entreprise d’informatique indienne (HCL Technologies) fonde son management sur le précepte « employees first, customers second » !

The 2011 mission chose to go to India as it is a model of an emerging country. Indeed India is one of the 5 BRICS as well as one of the largest democracies in the world. What’s more 2 Nobel Prices winners have been honoured recently (Amartya Sen in 1998 and Muhammad Yunus in 2006) for their theories that break with liberal orthodoxy : the Welfare Economy for the former; Grameen Bank, “Banks for the poor” for the latter).

In addition we were also struck by what we have read about the Indian model which, while not neglecting the interests of shareholders, appears to be characterised by a social vision of the company’s mission, whose primary purpose would be to help India to develop its economy and to fight against poverty. For example, an IT company called HCL Technologies bases its management on the precept « employees first, customers second »!

Q : Quels souvenirs gardez-vous, Renu, de cette mission FNEP 1999 ? Avec le recul, que vous a-t-elle apporté ?

What are your memories related to this FNEP 1999 mission ? Looking back, how has it affected you?

Renu : J’ai appris à voir l’Inde à travers le regard de huit étrangers. Et de ce fait les choses que j’avais toujours considéré comme acquises dans ma perception ont été remises en question. L’obsession de mes collègues à chercher à comprendre les dynamiques du système des castes en Inde reste un souvenir majeur, ainsi que mes efforts pour placer la question du genre dans les questionnements. Et bien sûr la quête de la bonne et authentique cuisine indienne !

I learnt to see India through the eyes of eight foreigners. And therefore the things that had always been taken for granted in my perception of my country were called into question. My colleagues’ obsession with trying to understand the dynamics of the caste system in India is one vivid memory. I also recall my efforts to place the gender issue in all our questionnaires. And of course the search for good authentic Indian cuisine!

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Renu Sharma SITE WEB FNEPRenu SHARMA, lauréate FNEP 1999, est membre de l’IAS (Indian Administrative Service). Elle est actuellement le Commissaire et le Secrétaire au General Administration Département, gouvernement du Mizoram. Elle est notamment en charge de l’organisation et de la gestion des employés du gouvernement. Elle est aussi responsable de la mise en œuvre des programmes gouvernementaux et de l’administration du district. Elle est également le Secrétaire du Commerce ainsi que du Travail et de l’Emploi pour le gouvernement du Mizoram.

Renu Sharma, laureate FNEP 1999, is a member of the Indian Administrative Service and is presently posted as Commissioner & Secretary, General Administration Department, Government of Mizoram. Her responsibilities include the organisation and management of government employees and the implementation of development programmes in the District Administration. In addition, she is Secretary Trade & Commerce and Secretary, Labour & Employment to the Government of Mizoram.

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Q : Dahlia, qu’attendez-vous de cette mission FNEP, pour vous-même et dans l’exercice de vos fonctions chez Air France ?

What do you expect to achieve from this FNEP mission, for yourself and regarding your duties at Air France?

Dahlia : J’ai une attente qui est déjà comblée : mon enrichissement humain et intellectuel ! Je suis ravie de vivre cette expérience avec 7 collègues ultra-motivés et motivants. Il y a une très belle dynamique de groupe. A tel point que ma seule frustration est de ne pouvoir assister à tous les entretiens et conférences et de ne pas pouvoir me rendre dans chacun des pays !

De surcroît, cette mission représente une très grande valeur ajoutée pour mon poste, car elle renforce ma légitimité et mes convictions sur les actions que je peux mener dans le cadre de mes fonctions d’accompagnement du changement, de prévention des Risques Psychosociaux et de développement managérial.

One of my expectations has already been fulfilled : my human and intellectual enrichment! I am delighted to share this experience with 7 comrades who are highly motivated and motivating. The group dynamics are wonderful. So much so that my only frustration is not being able to attend all the interviews, all the conferences and not being able to go to each country!

Morevover, this mission is a great added value to my position in Air France, because it strengthens my legitimacy and my beliefs in the actions I can carry out in my job with regard to change management, psychosocial risks prevention and managerial development.

Best Wishes! Merci, Renu and Dahlia !

Propos recueillis par Sylvie Lainé, déléguée générale FNEP



Outre Renu Sharma, la Fondation compte deux autres lauréats de nationalité indienne :

En 1994 : Mrs Malini V. SHANKAR

En 1992 : Mr Kirti Chandra SAHA



Rapports FNEP (les plus récents étant consultables sur notre site, page Thèmes) :


* 1993 : Entreprise et environnement

* 1999 : L’exercice du pouvoir dans l’entreprise et l’administration

* 2003 : Développement social et compétitivité


Fragments d’Inde, Souvenirs en forme d’abécédaire…


A comme Ayurveda : Le mot, sanscrit, signifie « science de la vie ». Cette médecine fortement teintée de philosophie védique est née d’une révélation faite au Dieu Brahma, lorsqu’il s’éveilla pour recréer l’univers. En gros, il s’agit d’équilibrer les quatre piliers d’une vie : dharma, le devoir, artha, le bien-être et la prospérité, kama, la sensualité, et moksha, l’épanouissement spirituel. Pour y parvenir, un seul chemin : la santé, elle-même équilibre entre nos trois états, physique, émotionnel, mental. Or, la santé n’est pas à la portée de tout le monde. On la perd parfois, sur la route, et privée d’elle, que peut-on faire ?

B comme Bharat : Un des noms de l’Inde. D’où celui de Bharata Natyam pour la danse indienne.

C comme Calcutta : Une ville aimée et détestée, une ville souvenir.

D comme Démocratie : L’Inde est la plus grande démocratie du monde : 3 291 000 km2, qui dit mieux ? Une démocratie dont le taux de croissance se situe à 9% l’an, qui compte 28 états, 7 territoires fédéraux, et 18 langues officielles – dont les deux principales sont l’hindi et l’anglais – étant entendu que la langue véhiculaire, c’est l’hinglish, mélange des deux citées.

E comme Elephanta : Une fois atteinte l’île d’Elephanta, au large de Bombay, on grimpe une pente plutôt douce, bordée de marchands de babioles colorées et luisantes. Et l’on arrive à la « cité des grottes », le sanctuaire de Shiva, construit il y très longtemps. L’architecture de ce temple rupestre creusé dans une falaise de basalte est impressionnante : piliers et hauts-reliefs énormes, statues colossales de Shiva aux trois visages, le créateur, le destructeur, le protecteur qui préserve. Au fait, pourquoi Elephanta ? L’île doit son nom aux Portugais qui trouvèrent la statue d’un éléphant près de l’endroit où ils débarquèrent.

F comme Fleuve : Le Gange, bien sûr.

G comme Ganesh : Le Dieu éléphant de l’intelligence. Est-ce grâce à lui que l’Inde « produit » environ 350 000 ingénieurs par an ?

G comme Gandhi, assassiné le 30 janvier 1948 par un fanatique hindou. Il avait bien raison, le Mahatma, lorsqu’il enseignait que si l’on veut changer le monde, il faut commencer par soi-même…

H comme Hindutva : Il s’agit de l’ « Hindouité », concept qui identifie la nation indienne à son seul héritage hindou. L’Hindouisme, qui perdure depuis près de 3500 ans, plus qu’une religion, est un univers. Riche et coloré. Qui ne célèbre aucun fondateur, et ne reconnaît aucune autorité centrale… mais des centaines de divinités, une mosaïque de cultes divers, de croyances populaires, de traditions locales, un système de castes aboli mais bien vivant, et, chaque jour, une fête ici ou là… Si 900 millions d’Indiens sont Hindouistes, rappelons que 136 millions sont Musulmans, et quelques millions d’autres, Chrétiens (24 millions de catholiques, protestants et orthodoxes), Sikhs (22 millions), qui marient l’Islam et l’Hindouisme, Bouddhistes (moins de 9 millions), voire Jaïnistes ou Parsi. Le Jaïnisme est – sans doute – la religion la moins violente de la terre : ses prêtres portent des masques visant à éviter à de minuscules et malheureux insectes de périr dans leur bouche.

I comme Inde : « L’Inde, c’est une anarchie qui fonctionne. », écrivait John Kenneth Galbraith, bien connu comme économiste et beaucoup moins comme ambassadeur des USA en Inde.

J comme Jeunes : Près de 60% de la population (plus d’un milliard d’habitants, quand même) a moins de 30 ans. L’espérance de vie moyenne (en 2005) atteignait à peine plus de 63 ans… Statistiquement, on compte donc davantage de jeunes riches en Inde que chez nous en Europe. Et AUSSI davantage de jeunes pauvres. Et des adultes pauvres, des vieux pauvres, et des enfants pauvres. Ils sont 300 millions à vivre avec moins d’un dollar par jour.

K comme Kshatriya : L’une des – innombrables – castes, celle des guerriers. Les quatre grandes catégories – les varna ou castes – sont, outre les Kshatriyas, les Brahmanes (= dieu sur terre), les prêtres, au sommet de cette échelle d’origine religieuse, les Vaishya, les commerçants, les Shudra, les serviteurs. Hors du système, on trouve les Dalits (= opprimés, autrefois intouchables). Les Dalits ont leur parti, le Bahujan Samaj Party (Parti des Défavorisés), fondé en 1984, qui dispose au Parlement d’à peine 20 députés sur 552. Pour en savoir plus, le mieux est de se plonger dans l’ouvrage de Christophe Jaffrelot, « La démocratie par la caste » (Fayard).

L comme Lentilles : Quand elles sont jaunes, et cuisinées dans une sorte de ragoût d’une douceur épicée, elles s’appellent dhal, et sont délicieuses. Avec cela, on boit un verre de lassi – un yaourt sucré ou salé, épicé ou nature –, on mange un nan, un chapati, un roti, bref un pain, délicieux également.

M comme Merci : L’Inde est toujours, d’une façon ou d’une autre, une « échappée belle »… Merci !

N comme Nehru, Jawaharlal Nehru, Premier Ministre de 1947 à 1964. Chacun connaît son rôle dans la construction de l’Inde contemporaine… Chacun sait qu’Indira – Premier Ministre assassinée en 1984 – est sa fille… Et qu’il est le grand-père de Rajit, fils d’Indira, Premier Ministre lui-même, et comme elle, assassiné en 1991… Et chacun oublie sa tendre amitié pour Lady Edwina Mountbatten, épouse de Lord Mountbatten, l’ultime Vice Roi de l’Inde…

Inde - article sur le site FNEP

O comme Oman : Bombay fait face à la mer d’Oman. À l’origine, la ville était d’ailleurs constituée de 7 îles, conquises par les Portugais en 1534. Ils s’empressent de nommer la zone Bom Bahia, c’est-à-dire la bonne baie. D’où… Bombay. Longtemps après l’arrivée des Anglais – en 1661 -, les îles fusionnent – en 1817 -. En 1853, la première liaison ferroviaire de l’Inde relie la ville à d’autres villes. L’ouverture du canal de Suez – en 1869 – en fait l’un des plus importants ports de l’Asie. Il faudra attendre 1995 pour qu’elle retrouve son nom antique : Mumbai, de Mumba, la déesse, et Aai, la mère en marathi, la langue du lieu.

P comme Pratibha Patil : LA Présidente de l’Inde depuis le 21 juillet 2007. C’est également une femme, Sheila Dishit, qui préside l’Etat de Delhi, 100 millions d’habitants. Et une femme – Indu Jain – qui est propriétaire du Times of India. Et une femme encore, Sonia la Turinoise, veuve de Rajiv Gandhi, qui présida le Parti du Congrès de 1997 à 2004. Les femmes votent depuis 1950 et comptent légèrement moins de 10% des sièges au Parlement. Malgré cette percée, on n’en dénombre pas moins 36 millions de femmes « manquantes »[1], grâce à l’amniocentèse, qui permet de pratiquer la « sélection prénatale » !

Q comme Quo vadis ? Un zeste de latinité dans cet univers asiatique… Quo vadis ? Mais en Inde, bien sûr.

R comme Roupies : oui, c’est facile…

S comme Services : C’est à sa spécialisation dans les services à haute valeur ajoutée que l’Inde doit sa croissance soutenue. Premier exportateur mondial de services informatiques, le secteur attire nombre des presque 3 millions de diplômés issus chaque année de ses universités. Il n’empêche : seuls 50 millions d’Indiens sont éduqués et anglophones (oui, c’est la même chose). Et 350 millions sont analphabètes. Si vous voulez en savoir davantage, consultez : http://inde.aujourdhuilemonde.com/mission-economique. Vous pouvez lire aussi : « Le défi indien » de Pavan K.Varma (Actes Sud, 2005), ou « L’idée de l’Inde » de Sunil Khilnani (Fayard 2005). Quant aux nostalgiques de l’Inde éternelle, qu’ils se rabattent sur « La maison et le monde » du Prix Nobel de littérature 1913, Rabindranath Thâktur, dit Tagore (1861-1941).

T comme Taj Mahal : Non, pas la merveille du monde, à Agra. Ce serait trop simple. MAIS l’hôtel mythique de Bombay … Centenaire en 2003, il doit l’existence à Jamsetji Nusserwanji Tata, fondateur du groupe industriel du même nom. Jamsetji Tata, parce qu’Indien, n’était pas accepté dans les clubs et palaces réservés aux Britanniques. Quelle meilleure réaction que de SE faire construire SON hôtel, l’un des plus Inde - photo sur le site FNEPprestigieux au monde ? Le Taj fait face à la Porte de l’Inde, arche monumentale érigée entre 1915 et 1924 sur le front de mer, pour commémorer la visite du roi George V et de la reine Marie en 1911. Respirer une journée dans la capitale de l’Etat de Maharashtra, capitale financière du pays, revient à fumer 2 paquets de cigarettes.

U comme Unesco : À Goa, c’est toute une ville qui est inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité établi par l’Unesco. Une ville fantôme, Old Goa, « la Lisbonne de l’Orient ». Ou, plutôt, l’ensemble des églises et couvents – édifiés entre 1510 et 1759 – de cette ville, ancienne capitale des Indes portugaises, déplacée à Panaji en 1759. L’église du Bom Jesus y accueille le tombeau de St François-Xavier. Son sarcophage, tout en filigrane d’argent, renferme sa momie. Le mausolée, en marbre d’Italie, fut offert par Cosme III de Médicis, Grand-Duc de Toscane.

Photo Inde - article sur le site FNEPV comme Victoria : Pour Victoria Terminus of course, Chhatrapati Shivaji Terminus, LA gare la plus kitsch qui soit. Baptisée Victoria le jour de son jubilé, en 1887, dessinée par un Monsieur Stevens, elle illustre le plus pur style gothique italien. Or, pour trouver du gothique italien, il faut vraiment voyager… Jusqu’à Bombay, justement, où cette merveille architecturale (?) est, depuis 2004, protégée (bien mal au demeurant) au titre de bâtiment inclus dans la liste Unesco’s World Heritage. Décidément, l’Unesco se mêle de tout.

W comme Wales : Pour Prince of Wales, bien sûr, dont le musée éponyme à Bombay est une merveille de mélange architectural, de fouillis harmonieux, de luxuriance contrôlée. Il fut érigé au début du 20ème siècle, pour commémorer la visite du Prince de Galles. Les collections qu’il préserve sont (presque) aussi riches que les curiosités de ses façades.

X comme Xavier : François-Xavier (1506-1552), Saint et Jésuite, débarqua à Goa le 6 mai 1542, pour convertir les Intouchables et les Inde - photo dans l'article sur le site FNEPAborigènes. Après des voyages aux Moluques et au Japon, il mourut en Chine. Son corps fut ramené à Goa, où il bénéficie d’une grande popularité. Est-ce parce qu’il y fit instaurer l’Inquisition en 1560 ? On espère que non.

Goa, encore aujourd’hui, offre une image étonnante de religiosité mélangée. Ce petit territoire (le plus petit de l’Union Indienne avec ses 3 700 km2) est couvert d’églises, toutes blanches. Les routes sont jalonnées de calvaires, couverts de guirlandes de fleurs, voisinant avec des temples hindous aux couleurs vives qui ressemblent tant à des gâteaux à la crème.

Y comme Yoga : En Inde, on peut regarder une émission entièrement dédiée au yoga, qui ravit des millions de téléspectateurs, avec exercices de respiration et tout et tout. On trouve des gourous yogis qui peuvent tout guérir, surtout si on y croit.

Z comme Zidane : En 2007 Harbhajan Singh, LE champion indien de cricket, LE sport national, traite l’un des joueurs australiens de « singe » durant un match de cricket joué à Sidney contre l’équipe australienne. Il est immédiatement sanctionné par la Fédération de Cricket, qui l’interdit de terrain pendant trois matchs. Or, cette sanction a déclenché une sorte de guerre indo-australienne, où les passions se sont déchaînées. Heureusement, une sympathique mise au point a été publiée par l’Association des Indiens de Sidney : « Le mot singe ne peut être perçu comme une insulte raciste. Le Dieu Singe est l’un des dieux les plus révérés de la mythologie hindoue ! Traiter quelqu’un de singe est donc plutôt aimable. ».

Contribution et photos de Sylvie Lainé, déléguée générale de la FNEP

[1] Recensement de 2001.


David Duplouy et Pierre Hilbrandt

FNEP intranet Caisse des DépôtsDavid Duplouy et Pierre Hilbrandt, lauréats de la FNEP, hommes de conviction, tous deux cadres du Groupe Caisse des dépôts ont voulu témoigner de l’expérience qu’ils ont vécue grâce à la fondation en répondant le 14 mars dernier à une interview croisée publiée sur l’intranet de leur entreprise.

Nous avons plaisir, avec l’accord du Groupe Caisse des dépôts que nous remercions, à reproduire cet entretien.

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Bertrand du Marais site FNEP

Entretien avec Bertrand du Marais sur la Mission Régulation

Nous avons rencontré Bertrand du Marais, Conseiller d’Etat détaché comme Professeur de droit. Il intervenait dans l’une des deux tables rondes, le 10 octobre dernier, à L’ENA, lors de la présentation publique des propositions de la mission 2010 sur la régulation des réseaux industriels, en France et en Europe.


Q : Quel souvenir garderez-vous de votre collaboration avec la mission 2010 de la FNEP sur les questions de régulation ?

BdM : Deux excellents souvenirs au moins : celui d’une discussion intellectuelle de très haut niveau avec de jeunes praticiens, encore pétris de leur science toute récente, mais déjà acteurs de leurs entreprises et de leur secteur ; celui d’assister au défi que représente la rédaction d’un rapport commun à une équipe très diverse. Bref, la méthode de la FNEP devrait être généralisée à toutes les formations supérieures ! Enfin, je suis heureux qu’ils aient bénéficié de mes contacts en Corée, pays original par rapport aux « canons » européens de la régulation.

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Mission 1970 : 40 ans de propositions au service de la performance

G_Massin_01vsSiteGérard Massin, Président Directeur Général du Groupe SETEC, comptait au nombre des premiers lauréats de la Fondation…

En 1970, juste après le bouleversement de 1968, naissait la Fondation, sur une idée simple mais forte : faire en sorte que les jeunes élites se rencontrent, qu’elles réfléchissent ensemble, en allant voir ailleurs qu’en France d’autres réussites, d’autres méthodes.

Nous avons rencontré Gérard Massin, aujourd’hui Président Directeur Général du Groupe SETEC (Société d’Etudes Techniques et Economiques), l’un des plus importants groupes français d’ingénierie. Gérard Massin comptait au nombre des premiers lauréats de la Fondation : il participa à sa première mission. Un témoignage exceptionnel…

La Mission 1970 de la FNEP a produit des rapports sur les thèmes suivants :

  • L’ombudsman
  • Pour une nouvelle politique industrielle et commerciale de la France
  • La perception des aspects négatifs de l’industrie
  • Politiques nationales et marché mondial

Q : Quels pays avez-vous visités ?

G.M : L’Indonésie, l’Iran, le Japon, la Roumanie, la Suède. Ces pays correspondaient peu ou prou aux différents sujets sur lesquels nous avions proposé de nous pencher.

On dit que les voyages forment la jeunesse, ce projet nous suffisait.

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Micheline Liagre_témoignage de lauréate FNEPTémoignage de Micheline Liagre, lauréate de la Mission 2008 sur la recherche et l’innovation, actuellement à la délégation de l’Union Européenne en République du Tchad à Ndjaména.

Ce que la FNEP m’a apporté :

1. une ouverture au delà des clivages et une expérience interculturelle enrichissante.

2. une opportunité extraordinaire de contribuer à une réflexion conceptuelle et un benchmark de meilleures pratiques internationales de l’innovation :

Une ouverture au delà des clivages:

La Fondation Nationale Entreprise et Performance m’a recrutée sur ma motivation alors même que je n’étais pas la candidate idéale en raison de mon âge et de ma position dans l’organisation. En effet, j’avais 51 ans au moment de la candidature. Issue de la diversité, j’avais précisément opéré une mobilité très risquée à cinquante ans.

Malgré quelques obstacles, j’ai pu rejoindre la mission 2008 fin mai 2008. Je remercie la direction de la FNEP et les autres missionnaires d’avoir tout mis en œuvre pour que cette adhésion tardive se passe bien.

Une expérience interculturelle enrichissante :

Une fois intégrée dans le groupe, je savais que j’étais engagée dans une aventure certes exaltante mais pas facile. On m’avait avertie que je risquais peut-être d’être mise à l’écart, que je ne connaissais pas les « codes » parisiens ni ceux des grandes écoles d’ingénieurs, moi qui suis de formation universitaire en sciences humaines. Ce n’est pas facile de s’écouter ni de se comprendre quand on ne se ressemble pas. C’est tellement plus confortable de voir en l’autre le miroir de soi-même.

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En direct de Bangkok : témoignage «sur le vif» d’André Vessier, lauréat FNEP 1979, Inspecteur général Honoraire de l’Aviation Civile.

André Vessier Lauréat FNEP a Bangkok

Quelques semaines après les évènements de Thaïlande (en mai 2010), comment un français de Bangkok vit-il la situation ? C’est la question que nous avons posée à André Vessier

Qui nous fait part de ses réactions sans jamais s’autoriser une analyse des événements.

La situation qui s’est conclue tragiquement ce mois-ci, a réellement débuté en septembre 2006, lors de ce qu’on peut appeler une forme de « coup d’état ». Depuis, deux « camps », commodément appelés les « Rouges » et les « Jaunes » se disputent le pouvoir, soit dans la rue, soit au Parlement.

Il est bien sûr difficile de se faire une idée dans un contexte aussi perturbé. On peut néanmoins raisonnablement penser que, d’une part, une vraie fracture s’est produite dans la société thaïe, et que, d’autre part, le problème politique de fond reste entier.

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Le 7 octobre 2009 à l’ENA

Messages reçus à la suite de la présentation de la Mission 2008…

VERBATIM

Messages des nouveaux lauréats (extraits)

De Micheline Liagre :

Micheline Liagre - Mission 2008Un grand merci à tous pour cette inoubliable expérience. À quand le prochain bouquin ?


De Marjolaine Grisard :

Marjolaine Grisard - Mission 2008

À mon tour de vous remercier chaleureusement et collectivement pour nous avoir permis de vivre cette incroyable aventure!


De David Duplouy :

David Duplouy - Mission 2008(…) Il s’agit de faire un retour d’expérience, d’échanger sur le thème de l’intérêt d’une mission FNEP, en termes de projet commun, d’effort collectif, d’investissement humain, de richesse des contacts, d’ouverture à l’international, à d’autres cultures professionnelles, à d’autres méthodes de travail… En résumé : réaffirmer que c’est un enrichissement personnel qui crée forcément de la valeur pour la structure d’appartenance du ‘missionnaire’.


De Fabrice Harscoet :

Fabrice Harscoet - Mission 2008Merci à vous tous pour nous avoir permis de réaliser cette formidable expérience de 18 mois.

Merci Jacques (1) d’avoir partagé avec nous ta passion pour Israël.

Merci Joanna pour avoir géré la logistique de nos périples.

Merci Pierre pour tes avis éclairés sur notre rapport.

Merci Sylvie car je pense sincèrement que si nous avons tous progressé en communication, c’est grâce à ta maitrise de cet art …. et aussi parce que tu as cru en nous.

Merci enfin François (2) pour ta disponibilité et pour m’avoir donné la chance de participer à une telle aventure.

(1) Jacques Beer Gabel; (2) François Gerin

De Sophie Laurin :

Sophie Laurin - Mission 2008Cette expérience a été formidable et très enrichissante. Merci à chacun d’entre vous tant pour les apports intellectuels que humains dans le cadre de ce parcours. Nous (…) sommes heureux d’avoir achevé cette mission avec succès, j’ai reçu pour le groupe énormément de compliments (…) que je vous transmets avec joie, et nous sommes un peu tristes que ce soit terminé.

Merci à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures ?


Quant à François Bertrand, il a préféré témoigner sa satisfaction de vive voix…

François Bertrand - Mission 2008


Enfin, du délégué, Frédéric Leguay :

Frédéric Leguay - Mission 2008« Mission accomplie ! » (…) Nous avons collectivement atteint nos objectifs. (…) Cette réussite, nous la devons à JC qui nous a permis de réussir tous nos voyages grâce à sa patience et son abnégation au

service d’une logistique lourde à porter (…). Nous la devons également à PA et SL pour leur apport méthodologique dans la phase d’écriture, et pour le travail éditorial sur les premières versions du rapport (…). Nous la devons (…) à SL, qui nous a poussés à monter en gamme dans notre expression publique. (…) Je suis heureux et fier d’avoir vécu cette expérience avec vous. Merci à tous.

Réactions de représentants des administrateurs au CA de la FNEP :

« J’ai personnellement été très heureux de me joindre à vous pour la soutenance de la mission 2008. Soirée très réussie (…), un exercice difficile fait avec talent et humour. ?? Ma fidélité à la Fondation est peu de chose en comparaison de l’investissement qui est le vôtre pour la faire vivre au côté du Président du Mesnil. » PL

(…) La présentation d’hier était très réussie (…). HP

Réactions d’intervenants à la Table Ronde :

Table ronde

De Stéphane Distinguin

Merci pour ce bel événement et votre excellente organisation… (…) Le succès n’est pas dû « principalement » à la table ronde mais au travail de la Mission très riche et en synthèse si clair, votre présentation très réussie sur le fond et la forme. J’espère qu’il y aura des suites pour que cette initiative soit le début d’un nouveau mouvement, avec des valeurs partagées (confiance, décloisonnement, créativité, audace, valorisation, identité), nous en avons besoin !

De François Gérin :

(…) Les différents intervenants ont été mis en valeur, les horaires tenus de façon efficace mais pas trop pressante…

Olivier Peyrat a précisé dans un message qu’il partageait les avis de ses deux co-intervenants, en ajoutant : Félicitations à la promo 2008 !

Réactions de lauréats FNEP :

D’Alain Genel, Président du Club des lauréats :

Il est évident que le nombre des participants, la qualité des débats et de la Table Ronde, l’animation, les propos du Président de la Fondation et ceux du Grand Témoin ont fait de cette présentation un moment d’exception. Merci !

Ce fut une présentation de mission parfaitement organisée. L’idée de la clé USB était excellente et très pratique. Merci. JPM

Autres réactions (exemples et extraits de messages) :

La simplicité et l’humilité de Jean Paul Bailly a, pour moi, une valeur d’exemple sans égal ; quant à ses propos, nous avons écouté un Hubert Reeves du management : comment fait-il pour dire l’essentiel en si peu de mots et si simples ? Félicitations aussi pour cette belle organisation, et l’ambiance de simplicité et de bonne humeur. MP

J’ai été sincèrement très impressionné par la qualité de la réunion de restitution des travaux des lauréats 2008. La présentation des 6 clés pour développer la recherche m’a personnellement aidé à mieux comprendre les enjeux et les leviers pour agir dans ce domaine. JPH

(…) C’est l’occasion de féliciter l’équipe de la FNEP pour la chaleur de son accueil et ses formidables compétences pour organiser ce type de mission… et animer la restitution des travaux. JBG

Les lauréats sont d’excellents communicants et leurs conclusions sont très astucieuses. L’animation apportait la distance et l’humour nécessaires aux propos présentés. MVP