Mission 2010 : Perspectives et évolutions en matière de régulation au niveau européen dans le secteur des réseaux

Tel est le thème de la Mission 2010 qui a démarré ses travaux mi avril. Le groupe de cadres appelés à y participer était constitué. Il est accompagné par un mentor, et non des moindres, puisqu’il s’agit de Marie-Dominique Hagelsteen, Présidente de la Section Travaux Publics au sein du Conseil d’Etat. Mais au fait, quel est le rôle d’un mentor auprès d’une Mission FNEP ? Et en quoi le thème de la régulation au niveau européen dans le secteur des réseaux constitue-t-il un sujet clé en 2010 ? Deux questions posées à Madame Hagelsteen, qui s’exprime en premier lieu sur la deuxième.

M.D. Hagelsteen : Cela fait trente ans environ que le sujet de la régulation a fait irruption en France à la suite d’un mouvement déclenché aux Etats-Unis par l’administration Reagan visant à libéraliser certaines activités de services collectifs jusque là gérées en monopole de fait avec l’assentiment de l’Etat. Depuis, la régulation n’a cessé d’étendre son champ d’application, notamment en Europe.

Ce n’est pas d’ailleurs totalement étonnant si l’on considère que la création du grand marché intérieur impliquait bien que l’on mette fin précisément dans les secteurs à réseaux aux différents monopoles nationaux qui s’étaient constitués.

Les raisons du succès de ce nouveau mode d’intervention de la puissance publique dans la sphère des activités économiques sont nombreuses et méritent d’être, en tout état de cause, étudiées. Mais les années que nous venons de vivre depuis la crise financière de l’année 2008, justifient pleinement que l’on revisite le sujet. Cette crise, en effet, a été présentée comme une crise de la régulation, de ses insuffisances, de ses lacunes ou de son inefficacité. Pour autant, tous les projets de réforme visant à la surmonter retiennent l’idée qu’il faut renforcer la régulation au niveau national, européen et international.

On ne peut mieux démontrer la vitalité du concept de régulation dans le monde d’aujourd’hui et justifier que l’on en examine en 2010 les perspectives et les évolutions.

Q : Comment percevez-vous le rôle du mentor auprès du groupe pluridisciplinaire chargé de l’approfondir ?

M.D. Hagelsteen : Mentor est le nom du héros de l’Odyssée, ami d’Ulysse, dont Athéna emprunta les traits pour accompagner et instruire Télémaque. Cette définition peut illustrer le rôle de guide, d’éveilleur et de conseiller du mentor d’une mission constituée par la Fondation. Il s’agira, face à un sujet passionnant mais vaste et protéiforme, d’aider les participants à définir le périmètre de leur étude, à les sensibiliser aux problématiques essentielles et à les introduire auprès des personnalités qui leur permettront d’approfondir leurs recherches. Il reviendra aux membres du groupe d’investir le sujet et de l’enrichir de leurs réflexions et expériences personnelles pour en donner une vision résolument tournée vers l’avenir.

Interview recueillie par Sylvie Lainé

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